Lettre adressée à Mme Caroline Désir, Ministre de l’Education

CONCERNE : Futur décret sur les rythmes scolaires – Prestations de vacances du personnel auxiliaire d’éducation en fonction de sélection

Madame la Ministre,

La FESEDI est une association qui regroupe les secrétaires de direction de l’enseignement libre confessionnel et non-confessionnel en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ses buts premiers sont l’entraide entre collègues (listes de diffusion, formations, etc.) ainsi que le maintien constant du contact avec l’administration (principalement les directions régionales de l’AGE) et les autres intervenants de l’enseignement.

Nous nous permettons de vous écrire afin de faire valoir le point de vue de notre association sur un aspect périphérique du futur décret modifiant les rythmes scolaires.
Il nous revient en effet qu’une ou plusieurs associations de PO souhaitent profiter des importants changements qui seront occasionnés dans l’organisation de l’année scolaire pour revoir les prestations de vacances de l’ensemble des personnels engagés dans une fonction de promotion et de sélection.

Le congé de vacances d’été du personnel auxiliaire d’éducation, en ce compris celui en fonction de sélection (secrétaires de direction et économes) est déterminé par l’article 1er § 4 c) de l’AR du 15 janvier 1974 : «du 1er juillet au 25 août ou du 6 juillet au 31 août ». Certaines associations de PO défendent l’idée d’un alignement de ce régime sur celui des chefs d’établissement, soit du 6 juillet au 15 août.

N’ayant été à aucun moment consultés sur cette proposition, nous en comprenons difficilement le motif. La lecture d’une communication récente de la Fédération de l’Enseignement Secondaire Catholique nous offre cependant une piste. On peut en effet y lire « Le calendrier annuel serait également adapté pour les différentes fonctions en veillant à aligner celui des cadres (secrétaires de direction, éducateurs économes, chefs de travaux et d’atelier, …) sur celui de la direction, tout en leur préservant une période minimale de cinq semaines de repos. ». Ce qui sous-entend donc que, puisque nous serions des « cadres », il n’y aurait pas de raison que notre régime de vacances soit différent de celui des chefs d’établissement…

Il est vrai que les secrétaires de direction et les économes de l’enseignement libre (dans l’enseignement subventionné officiel, le type d’administration des établissements varie fortement suivant les PO) assument – sous l’autorité du chef d’établissement – des tâches à responsabilités qui nécessitent des compétences spécifiques et un investissement personnel conséquent (ressources humaines, conseil juridique, relations avec l’administration, comptabilité, logistique, travaux, gestion du personnel sur fonds propres, etc.). Il n’en est pas moins vrai que la subvention-traitement qui nous est allouée n’est pas à la hauteur des responsabilités qui nous incombent. L’écart salarial entre un éducateur ou un AESI et un secrétaire de direction ou un éducateur-économe est très faible (du début à la fin de carrière : +/- 230 € bruts en moyenne). Ceci a d’ailleurs pour effet d’engendrer une réelle pénurie dans la fonction (renforcée par l’absence de reconnaissance de l’expérience utile pour nos fonctions), observable tous les jours sur le terrain. Lorsque l’on compare notre traitement avec celui accordé à un poste à responsabilités équivalentes, la différence est flagrante : un chef d’atelier porteur d’un titre du niveau supérieur du 2ème degré aura un traitement mensuel brut supérieur de 358 € en début de carrière et de 746 € en fin de carrière !

Vous comprendrez dès lors, Madame la Ministre, que réduire nos vacances d’été de 3 ou 4 semaines constituerait une discrimination par rapport aux autres membres du personnel auxiliaire d’éducation. Discrimination qui par ailleurs ne se justifie en rien : le volume des tâches à assumer durant l’été restant le même. Si le pouvoir subsidiant avait comme volonté de nous accorder un réel statut de cadre, il serait opportun aussi – en parallèle – qu’il en assume les conséquences salariales.

A défaut, puisque notre traitement n’est guère éloigné de celui des éducateurs (mais très inférieur à celui des autres membres du personnel en fonction de sélection ou de promotion), nous demandons à conserver les mêmes prestations de vacances que ceux-ci (et à tout le moins pas davantage que celles qui seront demandées aux enseignants).

Nous restons à votre disposition pour vous fournir tout complément d’information que vous-même ou vos collaborateurs souhaiteriez obtenir de notre part.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre très haute considération.


Pour le bureau de la FESEDI
Fabrice Altes, Benoît Buchau, Sabine Chouters, Géraldine Faucon, Florinne Fellemann, Aline Hastir, Laurence Hendrix, Philippe Moris, Marianne Muller, Dominique Staes, Marie-Jeanne Vranken, Didier Wrincq

En annexe, vous trouverez un tableau reprenant la liste des 460 premiers signataires de cette lettre.


Copie envoyée à :
M. Nicolas Fragneau, Chef de cabinet de la Ministre de l’Education
Mme Noémie Roger, Cheffe de cabinet adjointe de la Ministre de l’Education
M. Etienne Michel, Directeur général du SEGEC
M. Eric Daubie, Secrétaire général de la FESEC
M. Michel Bettens, Secrétaire général de la FELSI
M. Roland Lahaye, Secrétaire général de la CSC-Enseignement
M. Joseph Thonon, Président de la CGSP-Enseignement
M. Joan Lismont, Président du secteur enseignement du SETCA-SEL
M. Marc Mansis, Secrétaire général de l’APPEL
M. Alain Koeune, Président de la FEADI